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En Albanie, un homme dort du sommeil du juste, pendant qu'à Paris sa protégée se vide de son sang. L’assassin, un toxicomane en manque, s’éloigne furtivement le long de la voie de chemin de fer désaffectée, serrant contre lui le sac de la victime. Un maigre butin. Le prix de trois passes dans ces parages.

Un petit matin glauque de novembre, le cœur de Ginka a cessé de battre, alors que le trafic s'éveille. Lacérée de coups de couteau, la jeune prostituée est découverte, les entrailles encore chaudes, par un passant promenant son chien. L'endroit est jonché de détritus, provenant notamment du commerce sexuel.

La jeune femme laisse pour tout témoignage un journal intime. Des pages sur lesquelles transparaît son âme d’enfant. Cependant, on y note aucun mot pour sa famille abandonnée dans la fleur de l’adolescence. Mais ô combien de cris d’amour désespérés pour son prétendu protecteur.

Comment cet homme, lâche et sans scrupules est parvenu à nourrir les rêves de la malheureuse ?

Monts et merveilles

Fraîchement débarquée de sa lointaine province bulgare, l'enfant rebelle est d’abord apprivoisée par un membre d'un réseau de prostitution écumant les pays de l'Est. Après lui avoir fait miroiter monts et merveilles, ce dresseur de péripatéticiennes la jette sur le macadam belge et français. Pour Ginka commence alors la routine des passes quotidiennes, dans l'espoir de voir son rêve se matérialiser. Un seul calcul la motive : réunir une somme d'argent conséquente sur un compte bancaire (parfois plusieurs milliers d'euros par jour), tout en s'acquittant de la redevance envers son protecteur.

Durant plusieurs mois, elle arpente l'univers déshumanisé de la prostitution urbaine. Sur le boulevard périphérique ou règnent incommunicabilité, illégalité et précarité. Pour seuls points de repère, sa modeste chambre d’hôtel. Un lit, une armoire et un lavabo.

Ailleurs que dans ses songes, elle ne trouve probablement pas la volonté de s’affranchir du joug de cet esclavage moderne.

Rencontres sans lendemain

Dans la rue, au gré des rencontres sans lendemain, elle ne croise aucun regard susceptible de la sortir de l'impasse.

Une existence vide et puis l'amour primaire d’un enfant de trois ans envers un substitut parental, autoritaire et cruel.

Quel énorme gâchis !

Le corps de la malheureuse a été rapatrié dans son village natal. Un village qu'elle n'aurait jamais dû quitter.

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