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Frontaliers pressés

Chaque jour des milliers de frontaliers viennent travailler dans le Nord vaudois et à la vallée de Joux. Lors du rush matinal et en fin d'après-midi les routes de la région voient défiler des frontaliers pressés.
La plupart se rendent en véhicule directement sur leur lieu de travail.

Longs déplacements

D'autres se garent à Vallorbe et prennent les transports publics. Le soir ils font le trajet inverse et reprennent leur voiture pour parcourir encore plusieurs dizaines de kilomètres avant de rejoindre leur domicile. Certains se déplacent encore plus loin, à Lausanne ou ailleurs dans le bassin lémanique. Ils n’hésitent pas à emprunter, été comme hiver, les cols du Marchairuz ou du Mollendruz.

À 6 h du matin, aux usines métallurgiques de Vallorbe, les premiers frontaliers arrivent. Le parking se remplit progressivement. Dès 16 h, les riverains assistent au démarrage rapide des travailleurs quittant leur travail.

Pour un frontalier, la journée commence tôt et finit tard. Il lui reste très peu de temps pour passer un moment parmi les siens. Une douche, une collation rapide et c'est l'heure d'aller au dodo.

Temps perdu

Le temps perdu par les frontaliers lors de leurs trajets explique cette hâte à rentrer chez eux. Les raccourcis sont praticables en été, mais non en hiver. Durant la belle saison, le frontalier venant depuis le Sentier ne va pas jusqu'aux Charbonnières pour aller à Mouthe. Il gagne environ 5 minutes par rapport au trajet hivernal, en prenant le raccourci du Séchey.
Le gain annuel est de 1250 minutes soit plus de 20 jours de travail !
Le frontalier travaillant au Brassus et ayant son logis à Bellefontaine, emprunte un petit chemin carrossable à travers le Risoud français, au-dessus du Bois d'Amont. Gain de l'opération : 20 bonnes minutes par comparaison au parcours hivernal passant par Morez. Sur l'année le gain est de 5000 minutes ; soit 83 journées de travail de 8 h !

En hiver, le frontalier a la désagréable sensation de perdre encore plus de temps. Ce qui peut le conduire à adopter une conduite plus risquée. Malgré les dangers de la route comme les dos d'âne de Bois d'Amont, l'enneigement très important des zones traversées, les lacets du col du Marchairuz, la descente vertigineuse sur Vallorbe depuis le Juraparc, le brouillard de la Plaine de l'Orbe et le toboggan de la semi-autoroute prés de Lignerolle.

Pourtant toutes ces minutes épargnées en appuyant sur l'accélérateur ne sont pas cumulables, si bien que l'on s'interroge sur la conduite des frontaliers pressés.

Une certaine absurdité

N'ont-ils pas tendance à rouler à tombeau ouvert ?
Sans jamais s'arrêter aux passages cloutés pour laisser passer les villageois suisses ?

Certains préconisent des méthodes radicales pour éliminer ces nuisances. Après tout, les fabriques suisses tournaient très bien dans le passé avec un personnel local.
Les entreprises ne voient cependant pas d'un si bon œil ce retour en arrière. En effet, le personnel qualifié frontalier coûte moins et les charges sociales sont inférieures à celles des résidents.

Relevons tout de même une certaine absurdité, dans la situation de ces frontaliers, venant depuis Besançon travailler à Vallorbe, et de ces pendulaires de Vallorbe, obligés de se déplacer à Lausanne, voir plus loin, pour les mêmes raisons.

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